Emile Joulain

              Emile Joulain est né à Mazé le 18 janvier 1900, au hameau des Bas-pays, fils d’Emile Joulain et de Jeanne Hamelin.    Il fréquente l’école privée de Mazé et obtint à douze ans son certificat d’étude.

 

Emile, un paysan.

              Dès l’âge de 13 ans il participa aux travaux de la ferme paternelle, ce qui le prépara, à prendre un peu plus tard la direction de la petite exploitation maraîchère. Fier de son origine il avait dit lors de l’entretien avec Yvon Péan “Je suis paysan, fils, petits fils, et arrière petit fils de paysan.” Le sentiment d’appartenir aux gens de la terre il l’a magnifiquement exprimé dans le rimiau écrit en 1943 :

 

 

 

 

Ein coeur de pésan
                  “ Ein coeur de pésan, au fond d’un village
                 C’est guér’conséquent et peu d’cas, pas vrai?
                 Mais on s’rend mieux compte, à m’sur qu’on prend’l’âge
                 que c’est pûs utile et pûs grand qu’on s’crêt.”

Emile, un autodidacte.

 

                  Compte-tenu des revenus modestes de ses parents ,Emile, à son grand regret, n’a pas pu poursuivre des études secondaires mais il a complété sa formation par la lecture de journaux, revues et oeuvres littéraires. Sa famille recevait le magazine ‘La semaine littéraire’ et sa mère l’avait abonné à la revue ‘les lettres’.
                  Il avait incontestablement la soif d’apprendre.
                  On raconte que lorsque les travaux des champs l’amenaient à aller faire du bois, il saisissait l’occasion de contempler  la vie et la beauté  de la forêt. Dans ce cadre, il aimait à redire par coeur, les textes de Victor Hugo, Chateaubriand ou Edmond Rostand.
                   Il avait déjà, à cette époque, lu les poètes de la Renaissance et composé lui-même ses premiers poèmes.


Emile s’est investi dans la vie locale.
 

           Acteur de théâtre
           Dès sa jeunesse il participa activement aux activités du patronage Saint-Antoine. Il donna beaucoup de son temps à la fanfare et à la société de gymnastique Jeanne d’Arc.
           Il anima la troupe théâtrale, comme acteur d’abord et puis en qualité de metteur en scène.
Ne rêvait-il  pas parfois de mourir sur les planches comme Molière ?
            Ses talents de comédien se sont exercés de multiples manières et notamment dans le cadre d’une formation avec quelques amis comme Daniel Aillery, Raymond Trimoreau qui sont allés jouer ‘un peu’ partout où ils étaient demandés.

 

          Organiste à l’église de Mazé
            En 1945, il prit la succession de son père en jouant de l’harmonium aux différents offices pendant de très nombreuses années.

 

          Guide au château de Montgeoffroy
           Reprenant en 1975 la fonction exercée par sa tante Yvonne, il devint guide au château de Montgeoffroy propriété de la famille De Contades où il a su en parcourant la demeure et les dépendances ravir les visiteurs.

 

           Correspondant de presse
              Il a commencé cette activité en 1927 au Petit Courrier qui est devenu à la Libération le Courrier de l’Ouest.
En plus de cette fonction de correspondant régional, le directeur de l’époque, Albert Blanchoin plus connu sous le nom de Pierre Langevin, lui avait demandé de rédiger un article intitulé ‘Le Billet du Paysan de la Loire’.
              Par ailleurs, le journal L’Anjou Agricole, édité par la Chambre d’Agriculture de Maine-et-Loire, l’avait sollicité pour rédiger régulièrement une rubrique ‘On s’cause en patois’ afin de donner un petit aspect culturel à cette revue.
              Son rêve d’avoir un jour, une revue ‘à lui’ devint réalité lorsqu’un groupe d’amis lancèrent l’idée de créer un bulletin dont il devint le rédacteur en chef.


  Emile, un poète authentique des terroirs.

               Il a commencé par de la prose avant d’écrire des poèmes en français. C’est sur les encouragements et les conseils de Marc Leclerc, reconnu comme le grand barde de l’Anjou, qu’Emile Joulain se lança à écrire des rimiaux qui sont des poèmes en patois.

           

               Son oeuvre est importante. Parmi les recueils parus, on peut noter :

  •  ‘En Patois des Bas-Pays’ en 1943.
  •  ‘Rimiaux du Clar de Lune’ avec une préface de Marc Leclerc.
  •  ‘Rimiaux d’icitt’, ‘Rimiaux d’l’aut bord’ en 1964 avec une préface de Pierre Langevin, directeur du Courrier de l’Ouest.
  •  ‘Rimiaux’ en 1974.
  •  Nouveau recueil de ‘Rimiaux’ édité en 2008. En outre, il a écrit un livre à la manière d’un jeune jaciste de Maine-et-Loire mort à la fleur de l’âge ‘Fernand Bonnin un homme fonce’. (Jac = Jeunesse Agricole Catholique)

               Ses oeuvres et son talent ont été unanimement reconnus.

 

               C’est ainsi que plusieurs distinctions lui furent décernées :

  •  1974 - Il fût proclamé ‘Prince des poètes de l’Anjou’ par la Taverne aux poètes d’Angers.
  •  1986 - Il reçut la croix de Chevalier des Arts et des Lettres par Gérard Pilet adjoint au maire d’Angers lors du Congrès National des Ecrivains Paysans dont il était un membre éminent.
  •  1er février 1989 - Jean Monnier, maire d’Angers lui remit la croix de Chevalier de l’Ordre National du Mérite.

 

 

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